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Que penser de la... ?

Nissan Qashqai e-power
Nissan Qashqai


Hybride or not hydride ?

La Nissan Qashqai porte le label de "électrifiée", une terminologie pas si récente que cela.

Et surtout, cette "hybride" sort des rangs : 2 moteurs (thermique et électrique), sans doute ; mais seul l'électrique fait rouler la voiture, le thermique étant uniquement en charge d'alimenter les batteries.

Les batteries de ce modèle sont donc de volume – et de poids – réduit, casé sous le plancher, tout bénéfice pour son comportement routier et sa sobriété.

Voilà qui est aujourd'hui peu usitée.

BMW a fait appel à un concept technologique semblable dans sa i3 qui bénéficiait d'un petit moteur thermique comme "prolongateur d'autonomie".

En chaîne

Sous le capot, une véritable usine à gaz !

Il nous a été impossible de glisser un débitmètre sérieux, scientifiquement étalonné, trop volumineux pour ce qui reste d'espace libre.

Un débitmètre ? Ben oui, la Qashqai ne se charge pas à une prise électrique, mais s'auto-suffit grâce à sa génératrice associée au moteur thermique. Le 3 cylindres thermique placé longitudinalement à l'avant, est de service, et s'en assure avec efficacité.

Avec une cylindrée de 1.497 cm3 (disposé transversalement), soutenu d’un turbo expliquant les 116kW (158ch) et 250Nm, la Qashqai a de quoi tenir son kit de batteries (346V, 1,97Wh) sous tension suffisante.

Curiosité qui n’est pas sans rappeler les locomotives généralisées dans les années 50 appelées « Diesel-électriques » (*), la chaîne cinématique est linéaire : moteur thermique (Diesel) - batteries - moteurs électriques. Ce qu’un des schémas affichés au tableau de bord confirme à l’occasion. Cette Nissan est donc bien une voiture électrique. Avec 1685kg à « vide » ; elle accuse donc un surpoids limité par rapport aux véhicules électriques, qu’ils soient hybrides, ou électriques pures et dures aux lourdes et volumineuses batteries.

Dans les faits, la Qashqai peut rouler électriquement relativement longtemps sur ses seules batteries ; le moteur thermique vient à la rescousse des batteries lorsqu'elles montrent des signes de faiblesses. Ce « 3 cylindres » tourne généralement au régime constant de 4800tr/min (son couple maximum, donc le plus efficace et le plus sobre) pour, seulement en cas d’accélération virulente, s’endiabler pour assurer aux batteries assez d’énergie (le temps d'un dépassement par exemple).

Le lancement périodique du moteur thermique est discret, seulement audible aux oreilles attentives. Silence mécanique donc parfaitement assuré.

(*) La première locomotive diesel-électrique date de 1923 ; elle a été conçue pour les Chemins de fer russespar le Professeur Lomonossof, (type 1-E-l), équipée avec un moteur marin MAN de 1200 CV tournant à 400/450 tr/min ; poids 125 t, vitesse maximum de 50km/h.

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 Transmission "à la demande"

Pas de boîte de vitesse dans cette chaîne cinématique puisque les moteurs électriques offrent une égale efficacité à tous régimes.

Mais une gestion électronique dans laquelle intervient éventuellement le dopage du moteur électrique par une surproduction d’énergie par le moteur thermique.

Le conducteur dispose d’un simple levier sur le tunnel central ; il a le choix entre parking, marche arrière, point mort, marche avant à 2 réglages : « normal » (D) et ralentissement forcé façon frein-moteur (B).

L’électronique permet… accrochez-vous… de choisir entre les tempéraments « Sport », « Standard » et « Eco ».

Cerise sur le gâteau, Nissan propose aussi (un bouton sur le tunnel central) le mode « e-pedal » qui regroupe sur la seule pédale de droite les accélérations, la conduite à vitesse quasiment constante et la décélération forcée ; ceci demande un peu d’habitude mais permet d’économiser les freins en rechargeant les batteries par le moteur électrique transformé en génératrice.

Quelle que soit la version choisie,  la voiture offre un agréable et superbe confort de conduite modulé, pour les experts du levier de vitesse, par des performances adaptées en temps réel. Sinon, vous vous laissez agréablement mener par la Qashqai e-Power qui ne demande que cela.

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Sobre !

Le bilan de notre essai a confirmé les prétentions du constructeur avec une consommation moyenne de... de 5,7l/100km ! Vraiment pas mal du tout pour le gabarit de cette grande limousine aux allures de SUV ; on est vraiment loin sous les consommations des voitures hybrides classiques, quoi qu'en disent les marques !

Avec un réservoir de 55 litres, l’autonomie de la Qashqai e-Power atteint 900km d’autonomie ! Et son plein ne dure que quelques courtes minutes ; voici un atout indéniable pour qui envisage de longues distance (façon Belgique/Côte d'Azur ou Espagne, p.e.).

Reste à savoir si cette Nissan Qashqai e-Power sera définitivement considérée comme une hybride ou comme une électrique puisque, en jouant sur les mots. Sa seule motricité est assurée par son moteur électrique… Déjà que les édiles européennes ne comprennent pas grand-chose à la technologie automobile, trop concentrés qu'ils sont sur leurs choix purement politiques et leurs besoins électoraux !

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Mais encore...

Au-delà de ces aspects techniques, nous ne reprendrons pas ce que nos confrères ont déjà retenus de cette Nissan électrifiée.

Avec cependant, quelques remarques à propos de cette belle voiture au terme de 10 jours d’utilisation.

D’abord, le confort des suspensions fortement pénalisé par les pneus « taille basse » sur grandes jantes ; réagissant avec sévérité en transmettant à l’habitacle chaque moindre détail du revêtement, pas question de compter sur ces roues pour assurer un quelconque rôle d’amortisseur. Dommage que l’esthétique prenne le pas sur le confort.

Les phares « route » de la Qashqai sont hyper puissants, en détaillant chaque de la route ; en position « code », ils n’ont qu’une portée trop limitée à notre goût, même s’il s’agit de ne pas perturber les véhicules croisés.

L'équipement d’assistance à la conduite (freinage automatique à l’approche d’un obstacle, signalisation de dérive de ligne de circulation,…) est là, et bien là ! Il est perpétuellement en éveil mais, en manœuvres, freine soudainement le véhicule même si l’espace est encore suffisant pour continuer sa marche ; la première fois, cela surprend ! Les conducteurs connaissant le gabarit du véhicule et usant judicieusement des rétroviseurs n’apprécieront pas !

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Salon sur roues

Au-delà des aspects techniques qui, avouons-le, méritait le détour, la Nissan Qashqai e-Power est un véritable salon sur roues.

Spacieuse, avec un coffre de 455 litres en configuration « normale » à 1521 litres en abattant les sièges arrière…

Ah oui, parlons-en, du coffre. Même si les batteries assurant la motricité de la voiture, l’espace sous plancher est occupé par une classique batterie 12V et… un très envahissant kit de secours pour les éventuelles crevaisons.

Là, un arrêt s’impose. Pas de roue de secours, pas plus que d’espace pour loger une éventuelle roue crevée. La philosophie mécanique moderne veut qu’on n’occupe plus la voiture de cet accessoire ! Pourtant… Un samedi soir… sous la pluie… en pleine forêt… qui plus est en zone GSM « blanche »… Bon, imaginons que les choses se passent bien ! Enfin, quand même…

Haute (ce qui facilite l’accès et la sortie de l’habitacle), aux portes larges, la Qashqai est ultra-confortable. Ajoutez ici le silence de fonctionnement, même quand le moteur thermique tourne…

Quatre portes à la particularité de descendre assez bas que pour recouvrir les bas de caisse et, donc éviter les traces de boue ou d’humidité aux bas des pantalons à chaque accès à bord

Le tableau de bord est certes complet mais, par ses informations et leurs présentations, il incite à quitter trop souvent la route des yeux et l’attention du conducteur, même pour choisir le programme audio de ses rêves !

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Dynamique, mais à quel prix ?

Tout au long de notre test routier, la Qashqai e-Power a démontré d’excellentes qualités routières, précises sur tous types de revêtement et tous types de climat.

La voiture testée repose certes sur d’imposantes roues aux pneumatiques larges et bas profil (235/45R20 Michelin Primecy4 Extra-load), spécifiquement adaptés aux véhicules de cette masse.

Des pneus dont on parle rarement dans les tests qui, pourtant, sont spécifiques et de coûts plus élevés que les pneus des classiques voitures thermiques ; et ne parlons pas des difficultés d’approvisionnement en cas de remplacement.

N’attendez pas non plus de longévités extraordinaires à ces pneus, les voitures électriques et assimilées étant victimes de leur plus grande inertie pénible en virages.

Certes élégante, cette monte « taille ultra-basse » déçoit, en l’absence d’un amortissement suffisant par le fait d’une très faible hauteur du pneu ; elle transmet à l’habitacle chaque irrégularité de la route.

De nuit, les grands phares de la Qashqai sont hyper puissants, détaillant parfaitement la route ; en « code », par contre, ces optiques pointent un peu trop court, sans doute pour ne pas aveugler le conducteur venant en sens inverse.

Même s’il semble que la « e-pedal » semble fonctionner que la marche avant en formule « Brake », elle s’avère très confortable dans les trafics denses, forçant un ralentissement énergique lorsqu’on relève le pied de l’accélérateur ; ce n’est pas sans surprendre le véhicule qui suit puisque les feux stops ne s’illuminent pas.

L’équipement d’assistance à la conduite (freinage automatique à l’approche d’un obstacle, signalisation de dérive de ligne de circulation,…) est là et bien là ! Elle est perpétuellement en éveil mais elle bloque le véhicule soudainement en manœuvre de parking même si l’espace est encore suffisant pour continuer la manœuvre ; la première fois, cela surprend ! Les conducteurs connaissant le gabarit du véhicule et usant judicieusement des rétroviseurs n’apprécieront pas !

Reste à parler de prix. La gamme Qashqai e-Power est proposée sur le marché belge entre 41.990€ et 46.940€, avec, dès la première offre, un équipement de haut vol.

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Notre bilan

Ses points forts

Confort général

Confort des sièges

Hauteur d’habitacle respectable : conduite agréable

Silence de fonctionnement

Sobriété

Facilité d’accès

Bas de portes protégés (évite dépôt de boue/poussière)

Volume du coffre

Excellents phares (code + route)

e-pedal très pratique en trafics denses

Ses points faibles

Réactions inappropriées dans le freinage du contrôle de manœuvre

Pneus taille basse très rigide et inconfortable sur routes inégales

Absence de roue de secours (kit de réparation pour petites fuites)

Ecran multimédia central trop compliqué, perturbant, distrayant


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